CP 152, 77

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CP Volume 152 Folio 77

HMC Volume 1 Page 198 Number 647

Haynes Page 270 Number 252

Transcribed by Samuel Haynes in “A Collection of State Papers . . . 1542 to 1570” London, 1740

28 March 1560 Lettres de M. de Sevre Conseiller du Roy Tres-Chrestien, & son Ambassadeur pres là Reyne d'Angleterre, a Monsieur le Duc de Chastellerault

From the Original.

Monsieur,

HIER, sortant de la presence de la Royne, en compagnie de Monsieur de Valence, que le Roy a enuoye par deca pour ses afferes, vng nomme Maistre Honnys, ung des Cleres du Conseil de la dicte Royne, me presenta, en la basse Court de sen Palais, une Lettre signée de votre nom, addressée par la Susscription, par Monsieur le Duc de Chastellerault a l'Ambassadeur de France, residant en ceste Court; en laquelle est contenu, qu'il est venu en vostre congnissance, que j'ay rapporté à la Royne d' Angleterre & à son Conseil, que vous auez puis n'agueres envoyé verse le Roy & Royne de France, pour demander pardon pour vous & vos Amys de Crymes par vous commis au pays d'Ecosse, j'acoyt qu' à la verité vous nayez jamais cherché pardon ny remission ainsy qu'estes aduerty, qu'ay allegué qu'auez faict; pour autant que n'auez rien faict, que pour l'aduancement de la glorie de Dieu, & pour maintenir l'ancienne liberté dudict Royaume; &, que, reserué le Roy, maintiendrez à tous ceulx de France, que cela est faulx & controuue, comme le verifierez ainsy que le cas le requerra: Et que si moy mesme me suis tant aduance que d'auoir mis ces choses en auant (comme estés aduerty qu'ay faict) Vous auez cent gentilshommes de vostre nourriture, le moindre desquels est suffisant, quant seray hors de ceste Charge, pour me respondre de sa persone à la mienne en ceste querelle, qu'ay menty faulsement & malheureusement. Laquelle Lettre je ne puis estimer estre vostre, d'aultant que ne l'ay receu par aulcun de vos Serviteurs; & tant moings encores, parce que vous intitulant Duc de Chastellerault, comme de faict je scay qu'estes, y a esté oublié, parlant des Roy & Royne, les appeller vos Souuerains Seigneurs, comme ils sont; & qu'elle est de tant eslargie, que d'enuoyer vng Cartel, & vouloir donner dementy sy iniuste à vn Ambassadeur de si grand Prince, qui ne peult estre repris de ses actions de sa charge, que du seul Roy son Seigneur. Et neantmoins je n'ay voulu faillir de y respondre, assin de vous esclarcir du souspcon que monstres auoir de moy a tres grand tort: Et vous dire en premier lieu, quant aur apport faict à la Royne d' Angleterre & à son Conseil, qu'estant Ambassadeur du Roy, je ne puis estre tenu pour rapporteur, ny vser de rapport, soit vers la Royne d' Angleterre, son Conseil, ou altres personnes. Quant aux crimes, dont estes aduerty qu'ay allegué, qu'auez demande Pardon, je vous dechire que je n'ay jamais dict qu'eussiezcommis crime, ny vouldriez l'auoir faict sans Commandement du Roy, à qui je laiseray tousjours le debat de ceste querelle, ainsy qu'il est trop raisonable; comme je feray encores du pardon mentione en ladit Lettre, n'estant chose qui me touche en particulier, ny dont je soye tenu rendre compte, (comme ne suis aussy de toutes mes autres actions de ceste charge) qu'au seul Roy, nostre Souuerain Seigneur, en la bonne grace duquel, quand il plaira à Dieu vous reatur, vous pourrés entendre les bons offices que j'y ay faict, pour vôtre bien & aduantage: Dont neantmoins je nentreray en plus long propos, si ce n'est pour vous rendre des maintenant esclarcy, combien mes actions ont esté differentes de vos aduertissement; vous voulant bien dire, quant à ce que dictes estre aduerty, que me puisse estre tant auancé, qu'aye moy mesme mis ces choses en auant, que si quelque Seigneur ou aultre personne d'honneur, qui soit de ma qualité, du nombre de cent gentils hommes de vôtre nourriture, veult m'accuser deuant le dict Seigneur Roy, que me soye tant auancé d'auoir mis en auant les dites choses, de la facon contenue en ladit Lettre, ny que vous aye procuré mal n'y desplaisir, je luy diray, estant hors de ceste charge, & ayant licence de ce faire du Roy, que, sauf en ce vostre honneur, il aura menty, & ainsi le luy maintiendray deuant ledit Seigneur, de ma personne à la fienne, auec justes Armes de gentils homme, que je luy presenteray m'estant permis; chose que je suis constrainct vous escrire, non pour gloire, n'y presumption dout je vueille vser en vostre endroict, mais pour respondre à ce que l'on m'y pourroit charger; m'estant Dieu tesmoing des choses que dessus, & du desir que j'ay qu'elles pregnent tel chemin, que je vouz puisse faire cognoistre la bonne volonté que j'ay tous jours eu de vous faire finir; auquel endroict, je le prie, Monsieur, vous donner sa grace. Escript à Londres, ce 28me de Mars 1560.

Le Chevalier de Sevre, Ambassadeur du Roy en Angleterre.